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7 février 2018

Episode 14 – Une abeille ne butine qu’une fleur à la fois

  • Elle m’a tellement saoulée que j’ai failli la traiter de connasse.
  • Alors là, je t’interdis de faire ça ! Elle…
  • Maman ! Ça ne sert à rien de t’énerver… Déjà, je fais ce que je veux. Et en plus, on est d’accord alors pourquoi monter le ton…
  • Oui eh bien… je ne suis pas ceinture noire de communication moi !
  • Maman, tout va bien.

             J’ai eu cette conversation avec maman pour Noël 2016, il y a un an jour pour jour, et elle m’a marquée. Je n’ai pas toujours été « ceinture noire de communication », j’ai même longtemps été dans le groupe des super mauvais ! Et j’ai encore beaucoup de progrès à faire. Mais heureusement, il me semble que je progresse.

             Je crois que je ne réagis jamais aux paroles de quelqu’un.

             Je crois que je réagis toujours à ce qui m’a touchée dans son discours. [Episode 1]

             Quand je comprends mes erreurs de communication, je peux soupçonner celles des autres… J’ai dix ans de moins que toi, et je papillonne. J’ai dix ans de moins que toi, et ma vie est plus légère. Tout est moins grave, tout est de passage. Toi et moi, nous n’accordons pas la même valeur aux choses. On s’est rencontrés et tout fonctionne à merveille. Pour moi c’est la vie, pour toi c’est quelque chose de précieux… Moi, je ne le sais pas. Je n’ai pas vécu autant que toi. Alors je te blesse en papillonnant, parce que tu dois me regarder m’éparpiller sans but et surtout sans pouvoir m’aider. Tu es à 100% dans le moment présent alors que je pense déjà à celui de demain. Et je n’apprendrai qu’avec le temps. M’expliquer serait inutile, je ne t’écouterais pas. Et au lieu de me dire que tu tiens déjà à moi, tu boudes. Tu râles pour des choses que je ne comprends pas, tu te renfermes et je me sens blessée à mon tour. Quel terrible engrenage. Me dire que je compte déjà pour toi serait trop dangereux, cela montrerait ta vulnérabilité, alors tu coupes court… Notre décalage est inextricable. Il le sera jusqu’à ce que je te rattrape et comprenne la valeur de notre relation. A ce moment-là tu pourras me dire que tu savais… et tu pourras à ton tour réaliser qu’en communication, tu n’as pas été fantastique…

             Aujourd’hui, tu as un an de plus que moi. C’est notre premier rendez-vous, improvisé, improbable même. Je m’étonne de ton âge et toi du mien. On aurait pu se répondre à l’unisson. « D’habitude je suis attiré(e) par des personnes plus âgées ». Rires. Le décalage sera peut être plus gérable cette fois-ci. Je suis dans tes bras et je me sens bien. C’est un « simple » rendez-vous réussi… mais à y réfléchir ils ne sont pas si nombreux. Oui, je vais annuler mes prochains rencards. Comme ça j’aurai du temps pour toi, pour nous, peu importe le nous final. Un ami me disait que les abeilles ne butinent qu’une fleur à la fois. Je comprenais l’idée sans l’intégrer. C’est la première fois que je suis suffisamment calme pour la comprendre. J’ai… le… temps … de… m’occuper…. d’une seule… personne. J’ai le temps de vivre ce que je dois vivre avec cet homme-là, j’ai le temps d’être heureuse avec lui, j’ai le temps d’expérimenter et d’éventuellement terminer cette histoire avant d’en entamer une autre. Ainsi, tant que nous sommes ensemble, tu es mon dernier premier baiser. Je réfléchis encore… Voilà, je ne considère plus cet instant comme un moment de vie, mais comme un moment précieux. Ai-je grandi ? Je regarde ma pensée se refléter dans tes yeux. Quel plaisir. Je suis prête. Quoi qu’il advienne demain, le moment parfait d’hier soir nous appartient. Et moi, je vis pleinement le moment présent.

             Dorénavant je serai aussi capable de comprendre que tes moments agacés signifient parfois « Tu sais, je t’aime bien… ».

Mercredi 27 Décembre 2017

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