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7 février 2018

Episode 17 – Romantique

             “Il est passé où le romantisme ? La rose sans raison. Celle que je fais sécher dans un vieux bouquin sous mon lit. Celle qui, en un mot résume tout.” [Mareva, 2015]

             On n’entends que le tic tac de l’horloge. D’habitude je le déteste. Ici, maintenant, je peux presque mesurer sa valeur. On n’entends que le tic tac de l’horloge, et pourtant, le temps est suspendu. Il ressemble à nos conversations. Il fait son morceau de chemin, avec patience et efficacité. Il n’est plus fatiguant, il ne génère plus d’angoisse, il ne fait que s’écouler. Et moi, je respire. Je me pose enfin. Moment précieux du chat qui t’adopte en ronronnant sous tes caresses. Silences nourrissants d’un après-midi tous les trois. La tête du chat sur mon ventre, et ma tête sur le tien.

             Seule en attendant le train, pour la seconde fois je me sens subjuguée, envoûtée et à la maison. Les portes et les fenêtres de la gare sont murés, il y a à peine un panneau, c’est une station fantôme. On y devine les guichets d’autrefois, les voyageurs en mouvement dans le hall. Aucun souterrain, on a enfin le droit de traverser les rails pour patienter du bon côté de la voie. L’orage arrive, une extrémité du chemin de fer est dans la lumière, l’autre est couverte de nuages noirs. Romantique. C’est le mot qui me vient. Dans mon coeur, le mot “romantisme” n’est en rien associé à un repas aux chandelles en amoureux. Non. Il me semble avoir intégré à la place, la définition du courant littéraire. “Ensemble des mouvements intellectuels qui, à partir de la fin du XVIIIe siècle, firent prévaloir le sentiment sur la raison et l’imagination sur l’analyse critique.” Les sentiments et l’imagination… Voilà. Je suis dans ma bulle de silence à rêver avec douceur. Tout est simple. Oh je sais que j’ai besoin d’être constamment stimulée intellectuellement, mais j’ai actuellement les meilleurs amis du monde pour le discuter et le refaire. Alors toi… Toi tu peux être simple. Tu peux être calme, attention et tendresse.  Et moi, je peux remettre en lumière la Mareva romantique qui se terre depuis mes dix-neuf ans… Bonjour Emeraude, ça fait longtemps qu’on ne t’avait pas laissée un peu d’espace.

             Je crois que le romantisme se trouve un peu partout. Si tu sais déceler la beauté dans chaque chose que tu regardes, si tu as une Emeraude toi aussi. J’imagine mille situations à partir d’un rien, je ressens mille émotions à partir d’une gare fantôme. Et même à l’aïkido, entre sentiments et imagination, il y a des traits de romantisme. Il faut savoir que je me suis structurée avec la pratique de l’aïkido. Parce que j’ai commencé à cinq ans, parce que je ne me souviens pas de la vie sans lui. Il faut savoir que l’aïkido est un art martial dans lequel on parle peu car comme les tahitiens, le senseï utilise une large communication non verbale. Il nous apprend à observer, il nous apprend à écouter. Il nous apprend à comprendre sans un mot, ou alors un mot unique. Il développe notre imagination pour nous permettre de trouver la solution à un problème, pour nous apprendre à anticiper. Petit à petit, grâce à l’écoute de nos sensations, on comprend la technique, on la ressent. Et on grandit. L’aïkido, bien que très subtil, est aujourd’hui simple et efficace parce qu’il est le fruit de siècles de réflexions à intégrer patiemment. J’en suis à 26 ans de détours et d’expériences et je suis heureuse aujourd’hui de m’accorder le droit de vivre des moments efficaces et simples. Sourire espiègle. En fait, toi et moi, on est un peu dans une “relation aïkido”.

Mardi 9 Janvier 2018

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